LES DROGUES NE SONT PAS INTERDITES PARCE QU’ELLES SONT
DANGEREUSES, ELLES SONT DANGEREUSES PARCE QU’ELLES SONT
INTERDITES !
(GEORGES APAP Procureur de la république)
En 1976, il y a cinquante ans, quelques journalistes de Libération lançaient « l’Appel du 18 joint » afin de dénoncer la répression dont étaient victimes les amateurs de cannabis. Dans cet Appel, les signataires dont Bernard Kouchner, Edgard Morin, Isabelle Huppert, Gilles Deleuze, André Glucksman, Henry Leclerc ou François Chetelet qui le 18 juin 1976 au jardin des plantes déposa un pied de chanvre au pied de la statue de Lamarck. Les auteurs du manifeste constatant « qu’un simple joint de cannabis peut vous mener en garde à vue, et même en prison ou chez un psychiatre » préconisent « la dépénalisation totale du cannabis, de son usage, sa possession, sa culture (autoproduction) ou son introduction sur le territoire français en quantité de consommation courante. »
Cette première initiative dénonçant le sort réservé aux amateurs de cannabis a été ignoré par les médias. La répression va bon train et c’est l’époque des procès fleuve où se retrouvent devant les tribunaux de villes aux quatre coins de l’hexagone des dizaines d’inculpés. Les journaux en région font la Une et bientôt le cannabis est considéré comme un fléau de la jeunesse, voire une épidémie, et le marche pied de drogues plus addictives.
En 1993, le Circ (Collectif d’information et de recherche cannabique), association née dans la foulée de « Fumée clandestine », un ouvrage qui démontre que le cannabis est une plante vertueuse et sa prohibition avec son cortège d’arrestations, une erreur historique, relance l’Appel du 18 joint. C’était oublier que la loi votée à l’unanimité parlementaire le 31 décembre 1970 comporte un article punissant « la présentation sous un jour favorable, l’incitation et la provocation à l’usage », un article liberticide qui nuit gravement au débat, et qu’importe si les rapports souvent voulus par l’Etat, s’en prennent aux nombreux effets pervers de la prohibition et recommandent de dépénaliser l’usage, voire de légaliser le cannabis… Un article de loi que les gouvernements successifs ont utilisé à plusieurs reprises pour mettre des bâtons dans les roues du Circ en condamnant ses responsables à de lourdes amendes.
Tant bien que mal, alors que de nombreux Etats américains légalisent le cannabis, que la loi évolue dans beaucoup de pays, qu’en Europe, le Luxembourg, Malte, l’Allemagne et prochainement la République tchèque, ont légalisé le cannabis. Et la France ? Elle a résisté aux arguments logiques des partisans d’une politique des drogues basée sur la répression.
Et voilà qu’en 2019, le gouvernement s’en prend avec véhémence aux consommateurs de cannabis considérés comme les complices des trafiquants. Le garde des sceaux Eric Dupond Moretti affirme sans ciller que « celui qui fume son petit pétard le samedi, ce pétard-là a le goût du sang séché sur le trottoir ». Ou encore Darmanin qui s‘étrangle à propos du cannabis et s’écrie : « On ne va pas légaliser cette merde ». En 2026, sur décision du Chef de l’Etat, l’amende forfaitaire délictuelle passe de 200 à 500 euros parce que « ça n’est pas festif de se droguer et qu’il faut taper au portefeuille ».
Et que dire des opérations « Place nette XXL » ? En 2024, six cents policiers, des hélicoptères, des drones, des unités du RAID, du GIGN et des douaniers sponsorisés par le gratin de la répression investissent durant trois semaines la cité de la Castellane à Marseille Macron, présent sur place donne le top départ d’une opération « sans précédent » avec pour objectif : « Détruire les réseaux et les trafiquants, et que les quelques-uns qui rendent la vie impossible s’en aillent »
Depuis septembre 2023, la police a mené une vingtaine d’actions par mois sur l’ensemble du territoire, mais elles se révèlent finalement peu convaincantes. Toutes ces opérations spectaculaires qui mobilisent chaque fois deux cents policiers et du matériel se révèlent peu efficaces. Les saisies sont modestes : quelques kilos de cannabis par là, quelques centaines de grammes de cocaïne par ci interceptés en moyenne par intervention. C’est bien peu comparé aux trente-cinq tonnes de cannabis et aux 2 tonnes de cocaïne qui entreraient chaque mois sur le territoire français !
L’amateur de cannabis est stigmatisé, puis persécuté par le pouvoir en place. Il vit dans la peur constante d’un contrôle routier, lequel peut chambouler son existence en cas de contrôle positif au cannabis, même s’il il a fumé quelques jours avant d’être pris au piège. Le conducteur qui a besoin de son véhicule pour travailler risque de perdre six points sur son permis, d’être condamné à 3 ans de prison et 9 000 euros d’amende, des peines qui peuvent monter jusqu’à 5 ans de prison et 15 000 € d’amende si le conducteur a également consommé de l’alcool. Mais Ce n’est pas tout, des peines complémentaires peuvent être prononcés, par exemple l’annulation du permis avec interdiction de le repasser jusqu’à 5 ans ou encore l’obligation d’accomplir un stage de sensibilisation à la sécurité routière ou encore un stage de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits stupéfiants.
Vous en avez marre que ce gouvernement, même si tous les experts sérieux s’accordent pour dire que la prohibition a fait son temps et que la loi qui punit toujours « la présentation sous un jour favorable des stupéfiants », nuit à la liberté d’expression. Si vous avez marre d’être marginalisé, rejoignez-nous à le 18 juin à 18 heures parc de La Villette pour démontrer à ce gouvernement que le moment est venu de légaliser le cannabis
Par Jean-Pierre Galland
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