Une association proche du CIRC qui rappelle une évidence trop souvent oubliée : soigner ne devrait jamais être un parcours d’obstacles.
Dans le paysage français de la santé et des droits des patients, certaines associations jouent un rôle discret mais essentiel : celui de relier la réalité du terrain médical aux principes juridiques censés protéger les malades. C’est le cas de Un Combat de Malade, une association amie et régulièrement présente aux côtés du CIRC lors d’actions, de stands et de mobilisations publiques.
Son engagement est clair : informer, accompagner et défendre les patients souffrant de pathologies lourdes ou chroniques, notamment lorsque les traitements à base de cannabinoïdes — avec ou sans THC — peuvent représenter une option thérapeutique pertinente.
Une association au croisement du soin, du droit et de la réduction des risques
Un Combat de Malade ne se limite pas à une approche militante. Son action repose sur une double lecture :
- celle de la réalité médicale des patients en souffrance,
- et celle des droits existants dans le système de santé français.
L’association accompagne des personnes confrontées à des douleurs chroniques, des maladies lourdes, des troubles neurologiques ou des situations d’échec thérapeutique, pour lesquelles les cannabinoïdes peuvent représenter une piste d’amélioration de la qualité de vie.
Elle s’inscrit également dans une logique de réduction des risques, en proposant une approche encadrée des consommations, avec un suivi et une évaluation des usages lorsqu’ils existent déjà dans les parcours de soins ou en automédication.
Une lecture juridique souvent méconnue : la loi Kouchner de 2002
Le fondateur de l’association, Dominique Loumachi, s’appuie régulièrement sur la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades, dite loi Kouchner, pour structurer son argumentaire.
Cette loi repose sur plusieurs principes fondamentaux :
- droit à l’information du patient
- consentement libre et éclairé
- droit à la dignité et au respect
- droit à la prise en charge de la douleur
- reconnaissance de la place du patient dans les décisions médicales
Dans cette perspective, l’association met en avant une idée simple mais puissante :
un patient correctement informé devrait pouvoir accéder aux options thérapeutiques susceptibles de le soulager, lorsque celles-ci existent et sont pertinentes.
Le débat autour du cannabis médical s’inscrit alors dans une tension bien connue :
- entre une logique administrative et pénale historiquement restrictive,
- et une logique de droit des patients centrée sur le soin et la qualité de vie.
Décrets et évolution du droit : 2002, 2005, 2013 et 2016
L’association revendique l’application cohérente de plusieurs textes qui ont structuré l’évolution du droit des patients en France :
- la loi de 2002 sur les droits des malades,
- les évolutions de 2005 relatives à la fin de vie et à la prise en charge,
- les dispositifs renforcés autour de la démocratie sanitaire,
- ainsi que les ajustements réglementaires jusqu’en 2016.
Pour Un Combat de Malade, ces textes dessinent une continuité :
celle d’un système de santé qui reconnaît progressivement le patient comme acteur central de sa prise en charge.
Cannabis médical : une question de cohérence thérapeutique
Sans réduire le débat à une opposition idéologique, l’association défend une position de cohérence médicale :
- lorsque des traitements classiques échouent,
- lorsque les effets secondaires deviennent invalidants,
- lorsque la douleur reste insuffisamment contrôlée,
alors les cannabinoïdes doivent pouvoir être envisagés comme une option thérapeutique parmi d’autres.
Cette position rejoint les observations issues de plusieurs expérimentations internationales et du cadre d’expérimentation français encadré par les autorités sanitaires.
Un projet structurant : accompagnement, suivi et dispensaire thérapeutique
Parmi ses propositions, Un Combat de Malade défend la création d’un dispositif innovant :
- un dispensaire thérapeutique réservé aux adhérents,
- un accompagnement médical complet,
- et un suivi pluridisciplinaire associant médecin addictologue, psychologue et structures associatives.
L’objectif n’est pas seulement l’accès à un produit, mais la construction d’un cadre de suivi global de santé.
Dans cette logique, l’association propose également un travail de collaboration avec les structures existantes, dans une approche de santé publique intégrée.
Prévention, recherche et dialogue institutionnel
L’action de l’association ne se limite pas à l’accompagnement individuel. Elle inclut aussi :
- des actions de prévention en milieu scolaire, festif et éducatif,
- un dialogue avec les institutions de santé publique,
- et une volonté de coopération avec les acteurs de la recherche.
Elle affirme la nécessité de travailler avec :
- les agences de santé,
- les structures de prévention,
- les coopératives chanvrières,
- et les chercheurs spécialisés,
dans une logique de réduction des risques et de compréhension globale des usages.
Une réalité sociale : des patients encore pénalisés
Derrière les débats juridiques et médicaux, l’association rappelle une réalité simple :
de nombreux patients en France continuent de souffrir sans solution adaptée, ou sont exposés à des difficultés juridiques et sociales liées à des usages thérapeutiques non reconnus.
C’est précisément sur ce point que Un Combat de Malade et le CIRC se rejoignent :
la nécessité de sortir d’une situation où la souffrance reste parfois ignorée, faute d’outils légaux adaptés.
Soutenir l’association
Pour poursuivre ses actions d’information, d’accompagnement et de plaidoyer, Un Combat de Malade s’appuie sur le soutien de ses adhérents et sympathisants.
L’association invite celles et ceux qui souhaitent s’engager à la rejoindre :
- Adhésion via HelloAsso
- Contact par mail : un.combat.de.malade90@gmail.com
- Page Facebook de l’association pour suivre les actions et actualités
Conclusion : un combat pour le droit de ne plus souffrir inutilement
À travers son travail, Un Combat de Malade rappelle une idée essentielle, souvent oubliée dans les débats publics :
le cœur du système de santé devrait rester la lutte contre la souffrance.
En articulant droits des patients, réduction des risques et reconnaissance des usages thérapeutiques des cannabinoïdes, l’association s’inscrit dans une dynamique de terrain, pragmatique et profondément humaine.
Aux côtés du CIRC, elle porte un message clair :
la question du cannabis médical n’est pas seulement politique — elle est d’abord une question de dignité, de soin et de droits fondamentaux.







