Appel du CIRC contre la stigmatisation des usager·es et l’imposture prohibitionniste
Depuis trop longtemps, les défenseurs de la prohibition tentent de faire porter aux usager·es de cannabis la responsabilité des violences qu’engendre… leur propre politique.
Ce mensonge doit cesser.

Non, les consommateurs ne sont pas responsables du trafic de stupéfiants.
Non, les usager·es n’ont pas du sang sur les mains.
Non, fumer un joint ne fait pas de quiconque le complice des mafias.
Ceux qui ont du sang sur les mains, ce sont les décideurs qui, depuis plus de cinquante ans, s’accrochent à une prohibition dont ils connaissent parfaitement les effets : marché criminel florissant, règlements de comptes, corruption, produits coupés, répression sociale et discriminatoire, atteintes aux libertés fondamentales.
Cette violence n’est pas une conséquence accidentelle.
Elle est le produit direct de la prohibition.
Et ses architectes portent une responsabilité politique écrasante.
Depuis des années, au lieu de reconnaître cette réalité, les gouvernements préfèrent désigner des boucs émissaires : les usager·es. On les culpabilise, on les humilie, on les criminalise, pendant que les véritables responsables se drapent dans le discours de l’ordre public.
Quelle imposture.
En 2020, la Commission des stupéfiants des Nations unies a retiré le cannabis du Tableau IV de la Convention de 1961, reconnaissant qu’il n’avait plus sa place parmi les substances prétendument les plus dangereuses et sans intérêt thérapeutique.
Même l’ordre international issu de la prohibition commence à reculer.
Et pendant ce temps, la France persiste dans le fanatisme répressif.
Jusqu’à quand ?
Jusqu’à combien de morts ?
Jusqu’à combien de quartiers sacrifiés ?
Jusqu’à combien de vies brisées par des interpellations, des condamnations, des discriminations au volant, au travail, dans la vie quotidienne ?
La honte doit changer de camp.
La peur doit changer de camp.
Que ceux qui ont construit, maintenu et défendu ce désastre rendent des comptes.
Nous n’acceptons plus que l’on accuse les usager·es pour absoudre les prohibitionnistes.
Nous affirmons que le véritable scandale n’est pas l’usage du cannabis.
Le scandale, c’est son interdiction.
Nous affirmons qu’une autre voie existe :
- légalisation du cannabis ;
- droit à l’autoproduction ;
- Cannabis Social Clubs ;
- filières paysannes locales ;
- Cannabistrots ;
- sortie du marché criminel ;
- politique fondée sur les libertés, la santé publique et la sécurité réelle.
Le CIRC le dit clairement :
Ce ne sont pas les consommateurs qu’il faut juger.
Ce sont les responsables d’un demi-siècle de prohibition criminogène.
Assez de mensonges.
Assez de peur.
Assez de honte imposée.
Nous ne baisserons plus la tête.
La peur doit changer de camp.
Les prohibitionnistes doivent désormais répondre de leurs actes.
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