COMMUNIQUÉ DE PRESSE

le 26/11/2014

CANNABIS : DES TAXES, PAS DES PRUNES !

Ce qui saute aux yeux à la lecture du rapport  « sur l’évaluation de la lutte contre l’usage de substances illicites » remis au parlement le 20 novembre par les député(e)s A.-Y. Le Dain et L. Marcangeli, c’est son manque d’audace caractéristique d’une absence d’information sur la nature intrinsèquement culturelle de l’usage de drogue.

Ce que notre société reconnaît à une substance licite comme l’alcool, est tout aussi viable avec d’autres produits, interdits eux, mais dont les dangers véritables demeurent surtout liés à leur statut illégal qui encouragent les comportements à risques en l’absence de tout contrôle.

Cette vérité est elle-même interdite. Évoquer le plaisir est toujours un délit en France comme le prévoit l’article L.3421-4 du Code de la Santé Publique qui considère qu’il s’agit d’une présentation sous un jour favorable des stupéfiants. C’est pourtant un fait et les millions d’usagers parfaitement intégrés échappant aux statistiques alarmantes et anxiogènes que publient régulièrement les autorités, en seraient la preuve si on daignait les considérer.

En choisissant, comme d’habitude, d’aborder la question de la consommation de cannabis systématiquement sous l’angle de l’addiction, et de la jeunesse, ce énième rapport s’interdit toute considération pragmatique. En écartant la question culturelle, transgénérationnelle, il préfère perpétuer l’idée selon laquelle l’usage d’une drogue est forcément l’expression d’un malaise et non celle d’une démarche initiatique ou tout simplement festive.

En prenant en considération ce qui constitue la motivation principale de cette pratique, les autorités, tant sanitaires que judiciaires, pourraient recentrer efficacement leur action sur les usages problématiques existants, personne ne le conteste. Elles pourraient alors apporter des réponses mesurées auprès de populations jusqu’ici marginalisées et stigmatisées par la politique actuelle.

La société tout entière en ressentirait rapidement les bienfaits, mais c’est avec l’organisation des filières de distribution et de vente de drogues aujourd’hui interdites, qu’elle pourrait mesurer le degré d’imbécillité et le manque de réalisme de leur prohibition et non en contraventionnalisant l’usage ce qui ne concernerait, comme c’est le cas actuellement, que les populations jeunes issues des quartiers populaires ou de l’immigration.

Les drogues ne sont pas interdites parce qu’elles sont dangereuses, elles sont dangereuses parce qu’elles sont interdites, comme le répétait le sage et regretté ancien procureur de la République de Valence, M. George Apap, qui parraina le CIRC dès sa création.

 

Fédération des CIRCs




CIRC Paris 2013 - le CIRC ne fait pas de prosélytisme. admin