Mexique – « La lutte sera plus forte et prolongée » signalent les familles des 42 étudiants disparus

le 13/12/2014

Mexique – « La lutte sera plus forte et prolongée » signalent les familles des 42 étudiants disparus

Le vendredi 5 décembre, l’Équipe Argentine d’Anthropologie Légiste* (EAAF) a informé les pères et les mères des 43 étudiants normaliens disparus qu’un fragment trouvé dans la rivière de Cocula, dans l’État de Guerrero, et envoyé en Autriche pour son identification, appartient à Alexander Mora Venancio, 21 ans, originaire du Pericón, Tecoanapa, État de Guerrero. Ce 7 décembre, le Centre de Droits de l’homme de la Montagne Tlachinollan [Ndt : qui accompagne depuis le début la lutte des parents des 43 étudiants disparus] a diffusé un communiqué dans lequel l’Équipe Argentine d’Anthropologie Légiste (EAAF) assure « qu’elle n’était pas présente au moment où les plongeurs et les experts de la PGR – Procure Générale de la République mexicaine – ont récupéré le sac plastique contenant le fragment, ni n’a participé à la découverte du dit fragment », ce qui a généré une méfiance totale à l’égard de la théorie présentée par la Procure Générale de la République (PGR).

Cette nouvelle a provoqué des cris et des larmes de douleur et de rage . À Ayotzinapa seulement, on a pu entendre les murmures de ceux qui clament justice. Les étudiants de l’École Normale Rurale ont manifesté un immense respect aux parents des 43 jeunes quand ceux-ci ont fait connaître leur décision de continuer la lutte : « loin de rester immobiles à pleurer », ils se sont déclarés disposés à intensifier les actions. Les experts ont donné le résultat fatidique après soixante-dix jours d’incertitude.

Dans une conférence de presse présentée le 7 décembre à l’École normale d’Ayotzinapa, les pères et mères des jeunes absents ont clairement signalé que le gouvernement fédéral est en train de faire obstacle à leur demande d’engager des experts en assessorat technique en matière de recherche : «
Jusqu’à présent la révision des déclarations des détenus n’a pas eu lieu ». Ils ont exprimé leur manque de confiance: « Nous considérons que ces déclarations peuvent être mal projetées, il peut y avoir des incohérences, il peut ne pas s’agir de la vérité ». Ils ont exigé que le Gouvernement Fédéral autorise la participation des experts et l’utilisation stratégique de technologies de pointe pour rechercher les étudiants.

Les parents ont rappelé l’impunité qui règne au Mexique, en signalant le manque de sérieux ainsi que la protection accordée au maire d’Iguala, José Luis Abarca, qui n’a pas été jugé et se trouve en qualité de détention provisoire (arraigo) malgré les preuves à son encontre dans la disparition forcée des étudiants.

Don Manuel, père de famille, a demandé : « Le 20 novembre, des personnes ont été arrêtées à l’Aéroport International du Mexique [Ndt : lors de la manifestation générale, un cortège est parti vers l’aéroport pour exiger la présentation en vie des 43 étudiants disparus] et, elles, on les a mises en prison. Pourquoi ont-elles été condamnées si rapidement alors que les responsables du crime commis contre les étudiants [Ndt : le Maire Abarca et sa femme] sont toujours en qualité de détention provisoire ? »

Plusieurs fois, ceux qui attendent leurs enfants ont insisté sur le fait que le Gouvernement Fédéral ne suit pas toutes les lignes d’investigation, comme celle de la participation de l’Armée Mexicaine aux événements des 26 et 27 septembre : « Aucune investigation n’est entreprise sur sa participation. Or, nous savons que ses membres sont responsables aussi parce qu’ils sont intervenus d’une manière indirecte et complice, en soumettant et en intimidant les étudiants ; nous avons expliqué à Osorio Chong** et au gouvernement de la république qu’ils doivent lancer une investigation relative à l’armée mexicaine. Quand nous avons dit à un certain moment que les militaires n’ont pas voulu intervenir dans les faits, c’est qu’ils auraient dû intervenir en fermant les sorties principales de la Ville d’Iguala et qu’ils ne l’ont pas fait ; ils ne l’ont pas fait parce qu’ils sont complices du crime organisé », a dit pour finir don Manuel (…)

Les parents des 43 étudiants ont annoncé toute une série d’actions dans les prochains jours et prochains mois à venir…

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Voir aussi le photoreportage: Que-mi-muerte-no-sea-en-vano




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