MEXICO : Des nouvelles des prisonnier-e-s, liberté à tous et à toutes !

le 02/12/2014

1er décembre 2014

 

Les 11 personnes arrêtées suite à la manifestation du 20 novembre ont été libérées.

 

Pendant la quatrième journée globale de mobilisation pour la présentation en vie des 43 étudiants normalistes d’Ayotzinapa disparus, la police et les CRS ont fortement réprimé plusieurs manifestations et cortèges. Le 20 novembre dernier, un cortège se rendant à l’aéroport pour manifester a été réprimé et 15 personnes avaient été arrêtées puis relâchées après avoir payé une caution, tandis qu’au Zocalo, place centrale de la ville de Mexico, 11 personnes ont été arrêtées. Elles ont été envoyées deux jours plus tard vers des prisons de haute sécurité dans des états très éloignés de leur ville, où elles ont subi des mauvais traitements et des menaces.

Cependant, après de fortes mobilisations et des manifestations exigeant leur libération, le juge du dix-septième district siégeant dans l’état de Veracruz a résolu le cas le 29 novembre au matin en se prononçant pour l’auto de formelle liberté à cause du manque d’éléments, et les 11 personnes arrêtées suite à la manifestation du 20 novembre ont été libérées. En raison des preuves insuffisantes pour les accuser de délits d’émeute, d’association de malfaiteurs et de tentative de meurtre, les juge a ordonné la libération immédiate des 11 détenus (1). Ainsi Roberto César Jasso del Ángel, Ramón Domínguez Patlán, Hugo Bautista Hernández, Atzin Andrade González, Juan Daniel López Ávila, Laurence Maxwell Ilabaca, Luis Carlos Pichardo Moreno, Francisco García Martínez, Hillary Analí González Olguín, Liliana Garduño Ortega et Tania Damián Rojas ont retrouvé leur liberté ce 29 novembre 2014.

La répression, la persécution…

Cependant la persécution contre certains groupes de militants, d’étudiants, de jeunes n’a pas cessé. Le Comité de Solidarité pour Mario González, étudiant anarchiste de 22 ans libéré le 31 octobre dernier après avoir passé 13 mois enfermé à la tour de Tepepan, a émis un communiqué signalant les attaques et le lynchage médiatique que lui-même, sa compagne et plusieurs personnes proches ou faisant partie du mouvement anarchiste sont en train de subir ces dernières semaines.

Alors que les mobilisations se mettent en place partout au Mexique, de l’état de Guerrero jusqu’au nord du pays, alors qu’un appel à la cinquième mobilisation nationale en solidarité avec les 43 étudiants disparus se répand partout, alors que ce 1er décembre le peuple sortira de nouveau dans la rue, le gouvernement se prépare à prononcer le discours présidentiel du deuxième anniversaire de la prise de pouvoir de Peña Nieto. Mais derrière les caméras et les jolis discours, la persécution, l’intimidation et le lynchage médiatique contre certains activistes tourne à plein régime.

D’autres compagnons doivent être libérés

Depuis le 5 novembre un appel a été lancé par plusieurs organisations et collectifs à se joindre à la lutte pour la liberté du compagnon adhérent à la sixième déclaration zapatiste Luis Fernando Sotelo Zambrano. Luis Fernando est âgé de 20 ans et est élève de l’École Nationale Préparatoire numéro 6 « Antonio Caso », appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique. Il est membre du Collectif Ollin Meztli et de la Coopérative ik’otik, adhérent à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone et proche du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité. Principalement impliqué dans les luttes étudiantes et le travail communautaire en accompagnement du Congrès National Indigène, il a aussi été partie prenante du mouvement contre la hausse des tarifs de métro l’an dernier, ainsi que de la lutte pour la libération de Mario González.

Roberto López Miguel est l’un des avocats qui suit son cas par solidarité. Pour lui, cette détention est « un cas de plus de criminalisation de la jeunesse, des étudiants et des mouvements de protestation, menée au pas de charge par le gouvernement de Miguel Ángel Mancera et exécutée au pied de la lettre et avec une tolérance zéro de la part du procureur » (2).

López Miguel, membre du Collectif des avocats zapatistes (CAZ), insiste sur les irrégularités qui se sont produites depuis le début de la détention : Luis Fernando a été frappé par la police, et les lésions ont été même constatées par la Commission des Droits Humains de la capitale. Il fut transféré dans un véhicule banalisé du Ministère public numéro 1 à Coyoacán vers la prison préventive – Reclusorio Sud, avant même le délai légal de 48h et sans que ses avocats en soient informés. Il fut ainsi présenté à 11h du soir, 4 heures après avoir été sorti du Ministère Public.

Les accusations portées contre Fernando se basent uniquement sur la déclaration du chauffeur du bus qui a été incendié lors de la troisième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa. Celui-ci a signalé que Fernando a participé aux faits. Pour son avocat, cela n’a plus de raison d’être et « en libérant une autre personne qui avait été arrêté au même moment que Fernando, la fausse déclaration du chauffeur du bus est tombée » (3).

Cependant, le 10 novembre 2014, le juge a signifié sa mise en détention préventive à Luis Fernando Sotelo Zambrano pour les délits d’attaques à la paix publique, d’attaques aux voies de communications et dégradations. Cela signifie que le compagnon sera sujet à un procès, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive – Sud de la ville de Mexico, car ce type de délit ne permet pas la liberté sous caution. (4)

L’appel à la mobilisation pour la libération de Fernando Sotelo se joint à celle lancée pour la libération d’autres prisonniers de la ville de Mexico, tels Abraham Cortez Avila, Luis Fernando Bárcenas, Carlos López, Amélie Pelletier et Fallon Poisson.

La lutte continue !

Par Les trois passants
Correction Myriam.




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