COMMUNIQUÉ DE PRESSE

le 02/11/2014

5ÈMES RENCONTRES NATIONALES DE LA RÉDUCTION DES RISQUES : ENTRE AVEUGLEMENT ET TOURNANT HISTORIQUE.

 

L'aveuglement, c'est celui de la MILDECA (mission interministérielle de lutte contre les drogues et le conduites addictives), dont la présidente confirmait dès l'ouverture de ces journées, l'intangible position du gouvernement français en matière de drogues, à savoir celle de ne surtout pas remettre en question la politique répressive instaurée en 1970.

Le tournant historique, lui, provient des acteurs de la réduction des risques. Rappelant comment la société civile avait dû profondément se mobiliser dans les années 1990 pour que l'État s'engage enfin dans une politique de réduction des risques chez les usagers des drogues, l'AFR (association française pour la réduction des risques) soulignait hier l'absolue nécessité d'une nouvelle mobilisation.

Vingt ans de recul permettent en effet de constater les limites de l'action de la rdr auprès des usagers des drogues. Ses acteurs – médecins, psychiatres ou travailleurs sociaux – réunis pour ces 5èmes rencontres, sont unanimes sur la question. Il est désormais devenu impossible de poursuivre ainsi. La « guerre contre LA drogue » est en fait une guerre contre les usagers. C'est aussi celle d'une société contre sa jeunesse et principalement celle issue des quartiers populaires et des minorités ethniques. En choisissant de déposer les armes, de prononcer une armistice, le flot de victimes généré par cette guerre, se tarirait aussitôt et la société s'en trouverait sans nul doute gagnante.

C'est ce que l'AFR propose désormais en appelant la société civile à réfléchir par l'organisation, en région, de débats autour de cette question. C'est à ce bouleversement sans précédent qu'il faut à présent préparer l'opinion publique. L'abandon progressif et inexorable de la prohibition ne peut se passer de l'assentiment de la population, sans quoi elle ne pourrait être comprise. Cela demande un véritable travail d'information que les institutions gouvernementales se refusent depuis toujours à mener.

L'échéance de la réunion de l'ONU de 2016 sur la politique internationale des drogues devient ainsi l'objectif de la rdr française, décidée à ne pas laisser aux seuls prohibitionnistes, la possibilité de s'exprimer au nom de tous, en dépit du constat d'échec évident de leur politique.

Il est temps de reprendre la main et de montrer que si un monde sans drogues est impossible, un monde avec les drogues est tout à fait concevable.

 

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