Cannabis social club

le 01/06/2007

EN FINIR AVEC LA POLITIQUE ACTUELLE EN MATIERE DE CANNABIS


Imaginez, X, Y et Z, des ami(e)s qui aiment partager un bon cône de beuh et qui vivent à Broussaille en feu, dans le sud-est de Paris.
Imaginez : c'est vendredi soir. Pas de nouvelles de Z qui est parti pécho comme on dit un 25 de beuh. Il avait dit à Y : "c'est un plan sûr, je connais le gars". Depuis, plus de nouvelles : Alors est-il en GaV ? Attend-t-il le dealer ? S'est-il fait braquer ? ... Toutes ses questions sont normales.

Imaginez : C'est vendredi soir. Z passe vous voir avec 25g de beuh. Le prix : 200 euros. ! " Y a rien d'autre ! C'est le prix que je l'ai payée". Il y a quinze jours, c'était 150, la semaine dernière180 et aujourd'hui, c'est 200 euros... Mais cela est tout à fait normal.

Imaginez : C'est vendredi soir. Pas de nouvelles de Y ou Z. Il leur reste la rue avec tous les risques que cela suppose. Faut pécho un truc, direction Place aux Dits leurres.
- Tu veux quoi ?
- 50 euros !
- Tiens voilà, deux barrettes de "J't'arrach'" pur crème du bled… Vite ! Y a les keufs...
Et deux cent mètres plus loin : Y a quoi sous l'alu ? 5 grammes de Tcherno* !
C'est normal !

Imaginez : C'est vendredi soir. Rendez-vous de X, Y, Z à 20 heures pétantes chez Y.
Motif : distribution du fruit d'une récolte séchée à point. De la Purple haze et de de la Ruderalis afghane. Le prix ? Zéro ! La qualité ? Optimale.

- Allo docteur, est-ce normal ?
- Oui, c'est normal grâce au Cannabis Social Club.
- Le quoi ?
- Le Club Social du Cannabis en français.

 

(1) Le Tcherno est le petit nom donné au haschich coupé à la colle, à la paraffine, au henné… et depuis peu aux microbilles de verre. En 1993, le CIRC envoyait une barrette de shit aux médias, accompagnée d'une lettre qui se terminait par : " Mais que penserait un amateur de bon vin qui ne trouverait plus sur le marché que de la piquette hors de prix ? "… Une opération baptisée Tcherno.

 

X, Y, Z se sont associés pour autoproduire en circuit fermé et sans recherche de bénéfices, avec juste le partage, la solidarité et l'échange pour moteur… Bref ! En préférant un système non-marchand, ils font la nique au crime organisé.
Z s'occupe de la culture des plantes et du séchage. Y offre l'espace pour la production et gère le partage. X fait les achats pour assurer de bonnes récoltes (graines, nutriments, matériels de culture).
Bien organisés, ils font 5 récoltes par an : 4 sous lampes indoor, 1 outdoor biologique.
La récolte est à chaque fois divisée en quatre parts : trois parts pour les protagonistes, la quatrième est réservé pour l'expérimentation thérapeutique, mais aussi pour la revente (dépannage) auprès d'ami(e)s afin de cotiser à un fond de soutien.
Leur principal objectif avec " l'expérimentation thérapeutique " est de nourir une base de données avec quelques amis, des " patients " qui souffrent de pathologies lourdes et à qui le cannabis apporte un réconfort physique et moral.

Un an plus tard, A, B, C, D, E, F… ont rejoint les pionniers du Cannabis Social Club X, Y et Z… Aujourd'hui, ils sont une bonnes trentaine d'ami(e)s à faire tourner leurs récoltes.
Comme ils sont un brin frondeurs et persuadés qu'un autre monde est possible, ils décident de pousser plus loin le bouchon et créent une véritable association loi 1901 à but non lucratif, " l'amicale du débat pour la légalisation du cannabis ".
Leur but ? Susciter les réactions des autorités publiques en posant des questions essentielles.
Est-il possible en France de reconnaître que l'autoproduction est le meilleur rempart contre la délinquance et le crime organisé ? Est-il possible en France de se soigner quand on est atteint de pathologies lourdes ? Est-il possible en France de se protéger des drogues néfastes en vente le marché illégal ? Et tant d'autres questions qui impose le débat sur la nécessaire réforme des conventions internationales sur les stupéfiants. Des questions qui interrogent la pertinence des politiques anti-drogues, qui depuis les années 1960, ont démontré leur dangereuse inefficacité.


LE CANNABIS SOCIAL CLUB UN PROJET EUROPEEN

Développé par ENCOD, un réseau d'associations européennes travaillant sur le terrain des drogues, le Cannabis Social Club tire son expérience de la réalité.
La politique de réduction des risques a permis de réduire de 90% les morts par overdose d'héroïne et de limiter la propagation du HIV-SIDA grâce à une mesure simple : l'échange de seringues. Pourtant au départ, les pharmaciens et les docteurs qui osaient se mettre dans l'illégalité pour " limiter la casse " se comptaient sur les doigts de la main. Sans les pionniers de la " réduction des risques ", où en serions-nous aujourd'hui ?

Chaque année entre six à dix millions de français sont potentiellement considérés comme des délinquants ou des malades parce qu'ils enfreignent la loi du 31 décembre 1970.
Si cent mille chasseurs se font entendre en cassant le bureau d'un ministre, si deux millions d'homosexuels arrivent à se faire entendre et obtiennent les mêmes droits que les hétérosexuels, si 3 millions de personnes sont descendues dans les rues contre le CPE en 2006... Il doit bien se trouver 3 personnes dans 10 villes, donc 60 personnes en France prêtes à concrétiser un rêve qui mettra fin à une absurdité : le classement du cannabis dans le Tableau 1 des stupéfiants. Oui ! 60 personnes prêtes à s'associer pour cultiver en commun, pour partager une herbe d'origine contrôlée, mais aussi les risques judiciaires.

Il doit bien y avoir 60 personnes en France prêtes à représenter 6 à 10 millions d'individus. Si tu penses être (avec deux ou trois potes) un des 60 pionniers qui feront changer la face du monde, si tu veux faire oeuvre utile, joins et rejoins le Cannabis Social Club.

 

Quelle solution pour sortir de l'hypocrisie française en matière de drogues ? Comment réguler le phénomène et dans le même temps améliorer la prévention ? Comment faire évoluer les pratiques vers la réduction des risques ?


LE CANNABIS SOCIAL CLUB, UNE SOLUTION COMPATIBLE AVEC LES CONVENTIONS DE l'ONU


Aujourd'hui, la majorité des pays européens ont dépénalisé la consommation de cannabis et la possession (très limitée) pour usage.
Les Pays-Bas ont depuis longtemps organisé le commerce de cannabis en petite quantité, mais pas l'approvisionnement légal des points de ventes.
En Suisse, certains cantons ont longtemps toléré la culture et la vente de chanvre pour des usages légaux sans contrôler le taux de THC. En juin 2004, les députés ont refusé de réglementer le marché. Depuis les contrôles sont très stricts et la filière chanvrière a été décimée.
Il n'existe donc pas de source officielle pour s'approvisionner en cannabis. Chaque jour, les dizaines de millions d'usagers européens doivent se fournir sur le marché noir avec les conséquences sanitaires, sociales et économiques désastreuses que nous connaissons.


Dépénaliser la consommation privée et l'autoproduction

L'autoproduction est une des alternatives, mais peu de pays la tolèrent. Considérée comme un crime dans la plupart des législations européennes, elle est souvent traitée comme un délit dans la réalité. Aujourd'hui, à cause du risque encouru et des difficultés pratiques, elle ne couvre que 20 à 25 % des besoins.
Les conventions internationales n'obligent pas à réprimer la consommation et la culture personnelle. Les gouvernements qui le souhaitent peuvent donc adopter ces mesures sans crainte de sanctions internationales. Même tolérée, l'autoproduction ne constitue pas un modèle suffisant. Elle ne suffit pas à répondre à la demande et ne présente aucune garantie.


Pas de consensus sur la production et la distribution commerciale

Les Parlements et les gouvernements européens sont toujours hostiles à la production en vue d'une vente réglementée de cannabis. Ils affirment qu'un système marchand serait contraire aux conventions internationales, favoriserait l'exportation et le narco tourisme, amènerait une trop grande disponibilité donc un accroissement de la consommation et serait incitatif pour la jeunesse.
Ces craintes sont partagées par de nombreux responsables européens, pourtant soucieux de mieux encadrer le phénomène comme les députés qui ont approuvé le rapport Catania. Nous devons tenir compte de leurs réserve et proposer une alternative crédible. Elle existe à condition de tolérer la consommation privée et l'autoproduction individuelle et collective d'une quantité minime pour usage personnel.


> Téléchargez le rapport Catania (pdf) (BIENTÔT)
> Propositions inspirées du rapport Catania (BIENTÔT)

 

ENCOD PRESENTE LE CANNABIS SOCIAL CLUB

Depuis quelques mois, ENCOD, un réseau européen de plus de cent associations intervenant dans le domaine des drogues, travaille sur un modèle non marchand de production et de distribution de cannabis, le Cannabis Social Club (CSC).
Les CSC sont des associations à but non lucratif qui organisent la culture collective d'une quantité limitée de cannabis pour les besoins personnels des membres du club. Sans publicité, ni enseigne, ni vitrine, les membres assurent, par le versement de cotisations en fonction de leurs besoins, l'équilibre financier du système. Les adhérents de l'association doivent s'engager à ne pas vendre de cannabis, ni inciter à la consommation par des tiers.


Un projet d'Européen

Aujourd'hui, des CSC opèrent déjà en Espagne et en Belgique. L'association Trekt Uw Plant (" Élevez votre plante "), créée par des consommateurs de cannabis à Anvers, a lancé sa première plantation collective. En accord avec la politique fédérale, une plante femelle de cannabis par personne est tolérée. Avec cette initiative, Trekt uw Plant apporte une solution à ceux qui ne peuvent pas cultiver. L'action vise aussi à augmenter la sécurité légale autour de la culture du cannabis, à réduire le marché illégal des dérivés de cannabis et l'accès au cannabis pour les jeunes, à protéger la santé des consommateurs.
En Espagne, depuis un jugement favorable en avril 2006, l'association Pannagh de Bilbao, a lancé une plantation collective. Aujourd'hui, plusieurs associations espagnoles de consommateurs de cannabis agissent sous la surveillance des autorités.
Aux Etats-Unis et au Canada, des dizaines de clubs, fonctionnant souvent avec moins de transparence que dans le présent modèle, sont réservés aux usagers thérapeutiques.

Un modèle modulable

Dans d'autres pays (tout dépend de la législation et de la pratique politique), des initiatives semblables voient le jour. Dans les pays ou les régions les plus progressistes, Les CSC pourront aussi offrir à leurs adhérents un espace ouvert à la consommation de cannabis en échange d'une séparation des marchés des stupéfiants et d'un haut niveau de prévention et d'assistance des usagers problématiques.
Le principe associatif sans but lucratif assure que le responsable ou les employés ne pousseront pas à la consommation, de même qu'y contribue la quantité limitée par personne.


Une alternative crédible

Les avantages du Cannabis Social Club sont nombreux. D'abord, ce modèle permet la gestion de la production pour consommation personnelle et la distribution sans commerce ni import/export de cannabis. Il n'est donc pas contraire aux conventions internationales.
En donnant la possibilité à des adultes de s'auto suffire en cannabis, ce marché deviendra plus transparent. De meilleures méthodes pour la santé publique et l'environnement seront utilisées pour cultiver. Le marché noir diminuera ainsi que les problèmes qui lui sont liés : produits de coupe, prix élevés, violence, vente aux mineurs… Les autorités pourront établir un cadre raisonnable et contrôler les CSC pendant le processus entier de la culture à la consommation. Ce système s'il se développe peut fournir rapidement aux consommateurs une alternative au marché noir.

 

 

 





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